EN MAI BUFOLET
D’abord quelques nouvelles du côté des Bibliothèques.
Livres au Trésor recevait jeudi 15 Mai, Janne Teller et l’éditrice de romans chez Panama pour le dérangeant mais oh combien intéressant « Rien » que, pour l’occasion un douzaine de participants du comité avait lu. Bien sûr le roman a commenté les mêmes rejets que parmi la majorité des prescripteurs, mais la présence de l’auteur a permis d’éclairer la réception de ce roman chez les lycéens danois qui est bien plus optimiste et constructive que celles des adultes fussent-ils jeunes. D’autre part cette lecture en classe confirme s’il était besoin l’émergence d’un autre forme de lecture que celle de l’intime que nous tenons pour celle qui ancre définitivement dans la pratique romanesque ; je veux parler de la lecture en groupe, une lecture de débat, d’échange et au bout du compte d’une lecture réflective. D’autant que ce roman qui met en scène un groupe d’ados et leur réaction face au nihilisme d’Anton se prête idéalement à cette pratique.
Toujours à Livres au Trésor, l’arrivée d’une stagiaire : Stéphanie Genot venue sur le tas préparer son mémoire concernant les comités de lecture. Si d’aventure vous avez envie de lui passer des infos sur vos pratiques municipales ou départementales je vous donne ses coordonnées internet : stephanie.genot@gmail.com
Mais, attention elle doit rendre son mémoire fin juin alors grouillez-vous si vous voulez répondre au questionnaire très intéressant qu’elle a concocté pour tout participant à un comité de lecture.
Revenons maintenant aux sujets qui fâchent c'est-à-dire l’intermittence d’un site qui devient de plus en plus anorexique. Soyons clair, Bufolet ne changera pas et ne tiendra jamais ses engagements d’autant que maintenant il s’est mis sur le dos sa collaboration avec l’Institut Charles Perrault pour l’analyse de l’image et La Revue des livres pour enfants en ce qui concerne les romans. Donc du temps de travail en moins pour le site et en prime l’obligation de réserve concernant ces critiques. D’où cette évidence que l’humeur du libraire servira dorénavant à des brêves sur les bons titres dans l’actualité de la production, ainsi que la liste des titres chroniqués pour la JPL. J’aimerai donc, qu’en plus mes copines qui en auraient envie puissent rédiger les notices sur ces titres à ma place (même si elles ne sont pas d’accord avec moi), ainsi je me contenterai –deus ex machina- de rajouter quelques réflexions bien senties.
En plus de ce travail critique, j’ai ces temps-ci multiplié les interventions sur l’album, ayant découvert les joies de Powerpoint et du diaporama. Même si l’exercice demande en amont une préparation longue, le résultat est jouissif, surtout lorsque l’angle à partir duquel vous aborder l’album est imposé. Cette année, en prolongement du Salon de Montreuil j’ai aborde le thème du jeu dans l’album. D’autant qu’en ce premier semestre Colibrije s’enorgueillit de posséder dans son fonds un des derniers exemplaires du Tramway 21, jeu d’artiste de Benoît Jacques fabriqué par son frère, quelques exemplaires du petit théâtre de Sara, un jeu de cartes d’Emmanuelle Houdart et la semaine prochaine Chiffres cache-cache, un jeu d’Anne Bertier à partir de chiffres rouge sur blanc et de leur symétrique. Le but du jeu n’étant pas d’apprendre à compter, mais d’apprendre à conter comme savent le faire les jeunes enfants qui construisent des personnages tout en racontant leur histoire. Nul doute que ce jeu graphique deviendra aussi indispensable pour l’animation dans les bibliothèques que le livre Construis moi une lettre du même auteur.
J’avais axé mon intervention sur le jeu tel que l’avait défini Winnicott dans ses articles réunis en 1971 dans son ouvrage le plus célèbre : Jeu et réalité. Et au moment de commencer, je me suis rendu compte qu’en ce mois de Mai où l’on célèbre soit disant Mai 68, l’un des héritages le plus important de Mai 68 concerne l’avènement de l’enfant en tant que personne, à travers les travaux de chercheurs comme Winnicott et Klein et ensuite d’ACCES et donc quelque part de toute la littérature pour la jeunesse