Bonne fin d

On n’a pas vu passer l’automne à Colibrije à cause d’un taff monstrueux, surtout à partir d’octobre, avec une parution de nouveautés encore plus démente que l’an passé. Le nombre de nouveaux éditeuruscules pour la jeunesse a plus que triplé depuis l’année dernière. On notera l’apparition sur le marché de nombre d’ouvrages et d’éditeurs asiatiques : Picquier
s’est lancé dans la production jeunesse avec quelques beaux albums pour les plus jeunes, les derniers en date : Moi de Tanikawa Shuntaro le « Prévert japonais » et Doko ? Doko ? grand livre-jeu à la Charlie pour déambuler dans le Japon moderne. Chan-Ok, la plus toulousaine des coréennes, dont la production jusqu’à maintenant n’est pas complètement convaincante. Il faut dire que la Corée est le seul marché étranger encore ouvert aux éditeurs français petits ou moyens : Didier jeunesse  l’a bien compris en publiant le très beau (et très inquiétant) En attendant maman et l’an prochain une autre preuve de la qualité graphique des auteurs d’albums coréens avec le parapluie vert. Passage piétons vient également de publier deux albums coréens cet automne. Hong-Fei édite des albums avec à la plume des écrivains chinois et au pinceau des illustrateurs français, étrange, non ? Parmi les nouveaux éditeurs cette année, une mention toute particulière à Oqo. Un éditeur espagnol pour la jeunesse c’est déjà rarissime, mais quant, en plus la qualité est au rendez-vous, alors ! Par le format et le choix de contes en album la démarche de Oqo fait penser à celle de Didier jeunesse en France, avec, en plus un côté très movida de l’illustration. Acidulée, grinçante ou inquiétante avec des illustrateurs comme Roger Olmos qui a un quelque chose de John Rowe ou Maurizio A. C. Quarello, pour moi la révélation de cette année qui a illustré pas moins de six albums : un au Rouergue, deux chez Sarbacane et, chez OqO, trois contes : Mister corbeau, la Sorcière grince-dents et le Mangetout. A chaque fois cette technique de peinture à l’huile, cette palette rouille sang et cet art du grotesque me font penser à Nicole Claveloux et notamment son très étrange Dedans les gens.
Mais les nouveaux petits éditeurs ne sont pas tous de cet acabit, loin s’en faut. J’aurais pourtant aimé les aimer ! Comme le Mouton cerise dont l’éditrice –et photographe- a produit un imagier sur la plage qui aurait pu être une merveille. A condition de ne pas alourdir le propos par un texte pseudo-poétique lourdingue. De ne pas y rajouter un jeu écolo du genre mettez dans la poubelles les objets intrus. Il fallait juste laisser parler les photographies avec un petit écho entre les images qui pouvait créer sans en avoir l’air une sorte de narration graphique. Mais, pour cela, il aurait fallu que l’auteure se plonge dans l’œuvre de Tana Hoban et dans Tout un monde d’Antonin Louchard et Kathy Couprie.
Ah si, une bonne surprise avec l’arrivée un de ces jours pluvieux du mois dernier d’Eva Vincze avec son livre auto-édité sous le bras : le Renard et la petite poule rousse.

Le Salon de Montreuil ouvre ses portes dans quelques jours. Allez-y, ne serait-ce que pour assister au débat sur les jeux vidéos auquel participera Michael Stora psychanalyste spécialiste du sujet, pour voir le tramway 25, superbe jeu de l’oie en bois illustré par Benoît Jacques et fabriqué par son frère (nous en possédons un exemplaire à Colibrije), rencontrer les auteurs anglais. Sachez que Melvyn Burgess l’écrivain de Lady et Meg Rosoff, l’auteur de Maintenant c’est ma vie, seront là ! Et aussi Philip Pullman, Michael Morpurgo pour les grands romanciers, Quentin Blake et Tony Ross pour les illustrateurs. Pour ceux qui aiment les rencontres décoiffantes, rendez-vous au comptoir ados avec Guillaume Guéraud et les auteurs d’eXprim : j’espère Julia Kino.
Alors, au Salon donc, on s’y rencontrera sûrement.
Ciao, à la prochaine

Bufolet